Participation aux Assises de la Sagesse le 13 02 2022

1ère Session : DIMANCHE 13 FEVRIER 2022 – 17h-20h :

Les sagesses au cœur de la spiritualité : en quoi la vision de l’Unité dans la diversité peut-elle être une voie d’harmonie pour le présent et pour l’avenir ?

Exposé P. Philippe Dautais   

Pour répondre à votre question, il nous faut tout d’abord éclairer ce que l’on entend par la vision de l’unité qui n’est pas une évidence pour tous. Si elle l’était, nous serions dans la conscience de l’inter-relation de tout avec tout, la destruction de la bio-diversité ne serait pas d’actualité et les conflits n’auraient pas lieu d’être. Dès lors la question centrale est d’accéder à la vision de l’Unité dans la diversité qui de facto est voie d’harmonie.

L’unité originelle est attestée par les sciences et les traditions spirituelles mais cela ne se traduit pas nécessairement par une vision de l’unité.

Du point de vue scientifique, selon la théorie du Big bang, le déploiement de la diversité se fait à partir d’un point de départ où tout est condensé et tout participe d’une même fonction d’onde. Selon cette description, nous sommes poussières d’étoiles, tout est en inter-relation avec tout, rien n’est isolé. La physique quantique au XXe siècle par la mise en évidence de la nature ondulatoire et corpusculaire des particules confirmera cette perception de l’unité.  La loi de non séparation corpusculaire sera démontrée en 1982 à Orsay par le physicien Alain Aspect.

Du point de vue spirituel, L’unité originelle est nommée Dieu par les traditions abrahamiques, Tao pour le taoïsme, Atman pour la tradition hindoue. Pour ces traditions tout procède de l’UN. Dès lors toute la diversité se déploie à partir de cette unité primordiale.

Si nous étions cohérents avec la vision scientifique et avec la vision spirituelle, nous serions dans l’évidence de la vision de l’unité dans la diversité et nous serions collectivement participants de l’harmonie et de l’équilibre cosmiques. Les relations entre les humains et avec le vivant seraient pacifiques et harmonieuses. Force est de constater que ce n’est pas le cas. Ce qui nous manque fondamentalement est la vision de l’unité dans la diversité. La question centrale devient : quel est l’obstacle ou quels sont les obstacles ?

Les obstacles

Ce qui apparait en premier est la grande difficulté pour les êtres humains d’avoir une pensée inclusive. Le plus répandu chez l’humain est de percevoir les oppositions plutôt que les complémentarités, les séparations plutôt que ce qui nous unit, en bref d’avoir une vision dualiste au lieu d’une vision unitive ou vision de l’unité. La vision dualiste qui sépare est le premier obstacle. Elle est contingente au fait de séparer l’intérieur de l’extérieur et de développer une vision objective de la réalité. L’objectivation du monde est le 2e obstacle.

L’objectivation réduit l’ensemble des vivants à des objets, elle enferme les réalités dans les apparences extérieures. Dans ce regard extérieur, tout est étranger à tout, aucune perception de l’unité n’est possible. Le dualisme exprime la loi de séparation généralisée. L’objectivation transforme le vivant en une collection d’objets et s’enferme dans la seule matérialité du cosmos en occultant la dimension ondulatoire de la matière. Regard sur la réalité objective de la matière et négation de sa dimension ondulatoire, regard sur le visible et négation de l’invisible, regard sur les apparences et impasse sur la profondeur.

Le dualisme se révèle être négation de l’autre face de la réalité, une vue partielle qui deviendra partiale, partisane, et sera facteur de conflits et de guerres. Le dualisme est facteur de disharmonie et de tensions destructrices et mortifères. Il introduit une vision fragmentée du réel et engendre des divisions et des inégalités.

La voie vers la perception de l’unité dans la diversité

L’objectivation du monde et la vision dualiste sont le fait de l’homme extérieur que l’on identifie généralement à l’égo. La voie vers la perception de l’unité en toutes choses est, selon l’ensemble des spiritualités, la voie de l’intériorité. C’est en descendant à l’intérieur de soi-même, dans son être profond, dans son cœur profond, lieu de l’unité de l’être, que l’on perçoit l’unité du vivant c’est dire l’inter-relation de tout avec tout. La vie est une, la diversité constitue l’ensemble multiple des expressions du vivant.

Sortir du dualisme : voir l’unité comme réconciliation des opposés

La Bible, en son premier chapitre du livre de la Genèse, nous présente l’œuvre de création comme un processus de différenciations successives : cieux/terre ; lumière / ténèbres, les eaux d’en haut / eaux d’en bas, le sec / humide, masculin / féminin, homme femme. Distinctions sans rupture, différenciations en vue d’une unité transcendante aux polarités. Lire cette différenciation comme une séparation, comme le mentionne nombre de traductions introduit un dualisme, une opposition entre les polarités. Cette compréhension trahit totalement l’esprit du texte. La séparation brise l’unité. La différenciation au contraire introduit au sein de l’unité une dynamique de fécondité et participe à la construction d’une unité qui intègre les polarités. La création se révèlerait être passage d’une unité indifférenciée vers la manifestation de polarités en vue d’une nouvelle unité qui intègre les polarités. La différenciation permet la relation. Il faut au moins deux réalités distinctes pour qu’il y ait relation, sinon règne la confusion. La Bible par le récit de la genèse signifie la vie par la différenciation et l’inter-relation, ce qui relie les polarités. Le processus de création est générateur de différenciations donc de richesses à l’infini. La finalité n’est pas l’uniformité mais la production de la diversité. Cependant, dans cette diversité, la vie est toujours une, ainsi s’articule l’unité et la multiplicité, l’unité et la diversité.

Le principe de l’unité conjugue les polarités en vue d’un mariage des opposés complémentaires. Etre dans une vision de l’unité signifie saisir à la fois une réalité et son opposé complémentaire, Et ceci, Et cela. Tout phénomène a sa face complémentaire contradictoire affirme le philosophe des sciences Stéphane Lupasco (L’expérience microphysique et la Pensée humaine, Rocher, 1989). La vie est un perpétuel équilibre entre des polarités opposées mettant en œuvre des mécanismes d’adaptation au changement. L’être humain, comme les sociétés qu’il constitue, est ainsi construit. Dans son principe d’antagonisme des énergies. Stéphane Lupasco (Psychisme et sociologie, Casterman, 1978) énonce que toute énergie, qu’elle soit biologique ou physique, implique une énergie antagoniste et contradictoire, « de sorte que l’actualisation de l’une entraîne la potentialisation de l’autre ». Il y a déjà 25 siècles, Héraclite (vers – 550 / – 480) affirmait que ce qui constitue l’Etre, c’est le devenir. Rien ne peut être pensé sans son contraire. Le monde est l’échange perpétuel des contraires, des opposés complémentaires, par exemple les polarités plus et moins dans l’atome, en électricité et le champ magnétique. De cette tension surgit tout ce qui est. Les polarités sont les expressions antinomiques d’une unité profonde. Elles manifestent deux aspects en apparence contradictoires mais indissociables car procèdent de l’unité. Nicolas de Cues, cardinal du XVe siècle qui a beaucoup écrit sur la coïncidence des opposés, note ce point essentiel : « La dualité est partout mère de la multiplicité. Mais la dualité n’est pas séparée de l’Un, elle est l’unité participée ». Même si, dans les apparences, nous pouvons dissocier différents éléments de la création, dans la profondeur, rien n’est séparé. Maxime le Confesseur, grand mystique et théologien du 7e siècle, le rappelle avec force : « Le monde est un. Car le monde spirituel dans sa totalité se manifeste dans la totalité du monde sensible, exprimé mystiquement par des images symboliques pour ceux qui ont des yeux pour voir. Et le monde sensible tout entier est secrètement contemplé dans la totalité du monde spirituel ». C’est à partir de cette unité qu’il s’agit d’approcher les polarités, en pénétrant dans la relation entre le monde sensible et le monde spirituel.

Obstacle à la vision de l’unité : la pensée binaire ou dualiste : ou ceci ou cela

Le danger est de tomber dans l’alternative, de prendre une chose et de refuser l’autre. C’est le « ou, ou ». Nos préférences nous font délaisser une chose par rapport à l’autre. Selon le mode de la nature, dans le plan psychique, nous rencontrons des couples d’opposés : extase/angoisse ; plaisir/douleur ; euphorie/mélancolie …avec la tentation permanente de chercher l’un et de refuser l’autre. La dualité devient dualisme. Recherche de la lumière et négation des ténèbres. Nous projetons facilement ce dualisme dans l’horizon spirituel, notamment sur les notions de bonheur et de malheur, de bien et de mal. Ce dualisme engendre la pensée binaire qui fonctionne sur le mode : on/off ; cela marche ou cela ne marche pas, a envahi notre sphère culturelle.

Pour aller vers une vision de l’unité, nous avons à passer du dualisme qui a opposé matérialisme et spiritualité, physique et métaphysique, l’homme et Dieu au dialogue de l’homme avec Dieu, de la physique avec la métaphysique ; nous avons à cheminer vers une vision qui intègre matière et esprit. Par la vision unitive, nous percevons que tout est en relation et que chaque partie a une incidence sur le tout. Nous commençons à le comprendre grâce à la crise multifactorielle que nous traversons.

Les 19e et 20e siècles ont été marqués par la pensée binaire et la fragmentation des connaissances, le 21e siècle sera celui de la vision unitive ou ne sera pas. C’est là l’enjeu axial de notre époque.

Newsletter 01012022

Chers amis du Centre Sainte-Croix

A l’aube de l’année 2022, que nous vous souhaitons riche, douce et propice à de nombreux fruits spirituels, nous avons à cœur de partager avec vous quelques méditations sur la situation actuelle.

Les deux années que nous venons de traverser ont été marquées par la pandémie de la Covid19 et la confirmation, si cela était nécessaire, de l’impact destructeur de l’activité de l’être humain sur la biosphère, la biodiversité, lesquels se traduisent par un dérèglement climatique dont nous pouvons constater les effets délétères (incendies, inondations…) sur les populations. Il apparait clairement que tous ces événements sont liés, ce qui se produit en un lieu se répercute sur l’ensemble de la planète. Nos destins sont interdépendants avec l’ensemble du vivant. La vie circule partout, tout est en inter-relation avec tout. Le vivant est inscrit dans cette dynamique. Aussi, fermer des frontières, ériger des murs, procèdent de réflexes de protection illusoires gouvernés par la peur, illusoires car contraires à la loi du vivant. La recherche de sécurité émerge de toute part. Pour la sécurité, notamment une forme de sécurité sanitaire, nous sommes prêts à sacrifier une part de liberté. Il est remarquable de constater que les mêmes schémas se répètent constamment au cours de l’histoire. Au 19e siècle, dans le récit du « grand inquisiteur », Dostoïevski met en scène le retour inopiné du Christ au 16e siècle, en terre d’Espagne, en pleine inquisition, lequel fait des miracles et attire les foules.  L’évêque du lieu, âgé de 90 ans, le fait mettre en prison et vient lui expliquer qu’il s’était trompé sur toute la ligne lors de sa précédente venue. L’axe de l’argumentation de l’évêque tient en deux points : le projet d’accomplissement divin de l’être humain est inatteignable et le don de la liberté trop lourd à porter pour les épaules humaines. Les hommes sont trop nuls, ils sont faibles, dépravés et révoltés. Ils réclament le miracle économique, l’aisance matérielle, l’autorité et la sécurité, fut-ce au détriment de la liberté.
Pour Dostoïevski, l’esclavage et le progrès sont à peu près synonymes, ce qui les rapproche c’est le matérialisme. Le mythe du progrès qui gouverne le paradigme de nos sociétés est fondé sur l’exploitation infinie des ressources matérielles, il accroit sans cesse notre dépendance / asservissement à l’égard des biens matériels, c’est pourquoi Dostoïevski parle d’esclavage. Asservissement qui est amplifié par la performance des outils informatiques et algorithmiques.

La question de la liberté, qui pour Dostoïevski était la question centrale, sera un enjeu majeur dans les prochaines décennies. Elle l’est déjà en Chine, en Russie, en Inde, en Corée du nord et dans beaucoup d’autres pays. La pandémie de Covid19 a révélé des tendances autoritaires. Elle l’est aussi sur le plan individuel. Nous sommes marqués par la logique consumériste et matérialiste, les conditionnements culturels et influencés par les annonceurs qui inondent les médias.

La meilleure façon de gagner en liberté, c’est de se mettre en retrait. Cela ne veut pas dire se mettre à l’écart du monde mais ne pas être en prise directe avec les actualités qui sont anxiogènes, refuser de se laisser configurer par les médias. Au lieu de subir, observer. Observer les mécanismes, les stratégies et les logiques à l’œuvre dans la société pour mieux apprendre à naviguer au sein d’un monde mu par l’idéologie du profit. Prendre de la hauteur pour éviter de se laisser déstabiliser émotionnellement et spirituellement. Laisser les morts enterrer les morts, laisser le vieux monde suivre sa logique mortifère et se tourner vers la nouveauté, vers la vie, vers la réconciliation avec le vivant qui a de l’avenir.

Pour exercer ce retrait, je vous invite à une pratique de méditation quotidienne. Pas simplement s’asseoir sur un siège bas ou sur un coussin, mais se soustraire à la colonisation des pensées et par elles à la colonisation du monde. Se soustraire aux conditionnements en plongeant dans l’ici et maintenant de la sensation intérieure. Sentir son corps, sentir le mouvement de la respiration, y appliquer toute son attention et ainsi échapper au vagabondage des pensées. Cet exercice est un facteur d’éveil, il stimule l’ouverture des yeux et du cœur, nous permet de regarder la réalité en face, nous place dans une posture d’observateur et nous fait percevoir le monde d’une autre manière. Ce changement de perception induira un changement de comportement.

Apprendre à être libre intérieurement est la clé de la vie spirituelle et la première phase du salut. Se sauver de l’emprise du monde et des passions qui en sont l’expression pour mieux apprendre à être soi-même, à se respecter en sa conscience et en sa sensation profonde. Construire ainsi son intégrité, ce qui renforce l’immunité comme l’ont montré les études sur le sida. Plus je suis en phase avec moi-même, moins je crains les virus. Devenir libre intérieurement est une voie royale qui nous libère de l’emprise du monde et des émotions.

La méditation nous ouvre sur l’expérience de la prière. Non une prière superficielle mais la prière à partir du cœur. Prier, c’est vivre une relation vivante et aimante avec Celui qui est plus intime à nous-même que nous-même et en même temps Tout Autre. La prière nous ouvre sur d’autres plans de réalité et nous libère de la tyrannie du quotidien et des apparences. La prière nous fait pénétrer dans une lecture verticale et prophétique des événements. Méditer et prier sont les modes par lesquels nous pouvons prendre du champ par rapport au monde qui passe et percevoir la nouveauté déjà à l’œuvre dans le monde. Par la méditation et la prière, nous avons accès au monde d’après, non celui qui est la réitération des vieux schémas du passé, mais du monde à venir qui vient vers nous. Ouverture à la divine surprise…

Apprendre à être libre intérieurement nous ouvre sur l’espérance qui est perception au-delà des apparences. A vue humaine, dans la logique du monde, nous ne voyons pas d’issue salutaire, même si certains pensent que la technologie fournira toutes les solutions. Seuls « l’improbable » et « l’inattendu » ont bouleversés l’histoire. L’histoire du vivant a été marquée par des sauts quantiques. Nous sommes au bord de la falaise, la chute semble inéluctable mais non certaine. L’imprévisible peut survenir. Méditer et prier est la manière la plus sure de faire advenir cet imprévisible. Que les veilleurs soient confiants, la nuit n’est jamais aussi noire qu’avant l’aurore. La lumière de la conscience pointe à l’horizon.

Que l’espérance habite en vos cœurs en ce début d’année et qu’elle vous porte dans la confiance vers l’expérience de la Nouveauté. Le prophète Isaïe nous invite à ouvrir l’œil du cœur : « La Nouveauté déjà apparait, ne l’apercevez-vous pas ? » Isaie 43/19. « Voici, je fais toutes choses nouvelles » dit le Seigneur Apoc 21/5

Nous serons dans la grande joie de vous revoir en 2022 à Sainte-Croix
Avec toute notre amitié
P. Philippe et Elianthe

Voeux 2022

Chers amis,

D’année en année, cela fait 35 ans que nous animons les sessions du chemin de guérison et nous sommes toujours émerveillés de voir ces sessions trouver écho auprès de ceux qui désirent ouvrir leur espace intérieur et l’enrichir des trésors de la tradition chrétienne originelle. Il est précieux de boire à la source, de puiser dans l’élan initial relayé par les Pères du désert d’Egypte, lesquels nous font goûter la profondeur du message chrétien. Par le témoignage de leur expérience, ils nous conduisent sur un chemin de maturité vers le plein accomplissement de la vie en Christ, de l’image vers la ressemblance. Chemin qui articule ouverture et purification du cœur, thérapie et croissance spirituelle. Par la pénétration dans les profondeurs de l’être humain, il nous fait accéder au mystère de la présence divine inscrit au plus intime de nous-même. Le regard change, le rapport à soi-même, aux autres, au monde est transformé, la lecture des évènements devient signifiante, la vie prend sens.

Plus nous creusons ce sillon, plus nous découvrons la richesse de cet héritage, plus nous sommes emplis d’espérance dans un monde en décomposition. La lumière luit dans les ténèbres. Il est urgent de la percevoir.

En 2022, nous serons heureux de partager avec vous cette expérience dans un climat convivial, fraternel, dans un esprit de dialogue et d’enrichissement mutuel, espérant ne pas être trop impactés par les contraintes sanitaires. Tout passe, même les virus.

Le programme des retraites et sessions printemps été 2022 en PDF est en pièce jointe ou accessible avec le lien suivant : https://centresaintecroix.net/wp-content/uploads/2021/12/PROGRAMME-ETE-2022-Site.pdf

Toutes les informations sur notre site :

 https://centresaintecroix.net/calendrier-des-sessions

 Demeurant en communion avec vous par le cœur, enrichis par tous nos partages, nous vous souhaitons une belle, joyeuse et féconde année 2022 dans la paix et la grâce du Christ

P. Philippe et Elianthe

Homélie du dimanche après l'ascension 2020
Emissions RCF sur le livre "La voie du coeur" diffusées du 28 septembre au 2 octobre 2020

Cinq interviews sur le livre « La voie du coeur » de P. Philippe Dautais, Ed Salvator, ont été diffusées dans la semaine du 28 septembre au 2 octobre 2020, dans le cadre de l’émission « Halte spirituelle » de Béatrice Soltner sur RCF.
Pour les écouter, cliquez sur le lien suivant :

https://rcf.fr/spiritualite/l-ouverture-du-coeur-la-plus-sure-voie-pour-sauver-le-monde

Homélie sur l'évangile de l'aveugle de naissance (Jean 9 / 1 -38)
Homélie sur l'évangile de la Samaritaine (Jean 4 / 5 -42)
Homélie du paralytique ( Jean 5 / 1 -15)
Homélie Dimanche des Myrrhophores ( Marc 15 / 42 à 16 / 8)
Sur le coronavirus 03 2020

Chers amis,

Nous saluons en premier tous ceux qui sont sur le front, les personnels de santé qui font un travail remarquable et tous ceux qui pourvoient aux nécessités de la population. Pour freiner la propagation du virus, nou sommes invités à « rester à la maison ». Par coïncidence fortuite, cette assignation à résidence advient en temps de carême. C’est l’occasion idéale pour intensifier la pratique de la prière, de la méditation, pour lire et pour expérimenter la sobriété heureuse. Nous sommes invités au retrait. Par ce retrait extérieur, ne sommes nous pas invités au retrait intérieur, à vivre un véritable shabbat.

Un virus est fondamentalement porteur d’une information, il vient nous dire quelque chose que nous ne voulons pas entendre.  Dans les faits, il nous oblige à arrêter nos activités, à ralentir, à modifier notre rythme de vie pour mieux observer, écouter, pour faciliter les prises de conscience. Ce n’est pas le moment de l’ennui ou de la distraction mais celui d’une véritable prise de conscience. Il est étonnant qu’un virus microscopique engendre de tels bouleversements. Depuis plusieurs années, nous sommes alertés sur les conséquences de notre activité humaine sur la planète, sur l’univers du vivant, sur le dérèglement climatique. Depuis le sommet de Rio en 1992 puis les accords de Kyoto en 1997, la déforestation n’a cessé de croître ainsi que la pollution, les émissions de CO2, le pillage des ressources, la dégradation des sols, la consommation d’hydrocarbures…. Nous affleurons le point critique au delà duquel le processus va s’emballer et sera irréversible. Le virus corona affecte principalement les poumons, or, les poumons de la terre que sont les forêts primaires partent en fumée.

Le virus, la propagation du virus dans le monde nous rappellent à l’unité du vivant. En peu de temps, il s’est propagé sur la planète entière. L’unité du vivant signifie l’inter-relation et l’inter-action de tout avec tout. Nous sommes tous liés les uns aux autres et en inter-relation avec la nature. La destruction des écosystèmes a une répercussion sur l’être humain. Ce n’est pas la planète qui est en péril mais l’avenir de l’humanité car la planète, la végétation, les animaux survivront très bien après la disparition des humains mais les humains ne survivront pas à la planète. De plus, le système de la dette, qui transfère l’argent des pauvres vers les riches et creuse ainsi les inégalités, est un poids supplémentaire que l’on fait peser sur nos enfants. Le pillage des ressources, la pollution, la destruction des écosystèmes expriment l’apogée de l’égocentrisme, de l’individualisme d’une société qui n’a que peu de considération pour ses enfants et petits enfants. Face à ce scandale sans nom, le virus par le retrait et le ralentissement auquel il nous contraint, est pour nous une occasion à saisir de prise de conscience pour un saut qualitatif, le passage sur un autre plan de réalité. Nous avons à passer du quantitatif au qualitatif, de l’avoir à l’être, de l’horizontalité matérialiste vers une ré-humanisation de nos sociétés, du consumérisme destructeur vers une sobriété heureuse, fraternelle, solidaire, faite de coopération au service du vivant. Le vivant est un et solidaire. La réconciliation avec le vivant est la seule issue à notre situation.

Dans « coronavirus », se tient le mot couronne. La couronne (Kether en hébreu, pour les connaisseurs) signe l’accomplissement d’un processus de verticalisation. Or, le coronavirus ressemble plus à une couronne d’épines qu’à une couronne royale. Il vient nous signifier que nous sommes sur une pente mortifère. La couronne d’épine est celle du Vivant condamné à mort. Ce moment est crucial. Soit, nous allons nous enfoncer dans le processus destructeur soit vivre une vraie métanoïa, soit aller vers la mort avec tout le cortèges des souffrances soit muter.

Nous ne devons pas être dans une attente passive mais murir intérieurement la transformation que nous voulons voir advenir dans le monde. Transformation qui devra s’exprimer dans des actes concrets. Les évènements se précipitent. Ils nous invitent à mettre en place un vrai changement de paradigme, pour l’avènement d’une résurrection joyeuse. Est-ce vraiment une coïncidence fortuite que ce virus nous arrive en temps de carême, en ce moment de renouvellement de la nature et de montée vers Pâque ?

La nuit n’est jamais aussi noire qu’avant l’aurore, la noirceur nous permet de mieux distinguer les étoiles qui déjà apparaissent, ne les apercevez-vous pas ?

Je vous souhaite de vivre un vrai renouvellement intérieur dans la confiance et l’espérance. Ne nous inquiétons pas de l’effondrement de tout ce qui est déjà mort. Rappelons-nous que si les cellules n’acceptaient pas de mourir, nous ne serions pas en vie. Laissons mourir l’ancien et soyons attentifs à la nouveauté qui déjà apparait. Préparons nous activement à vivre une vraie résurrection. A toujours par la prière et par le cœur.
P. Philippe et Elianthe

Livre à paraitre en juin : La voie du coeur
RCF / 5 EMISSIONS SUR LES TENTATIONS DU CHRIST AU DESERT

Pour votre méditation, voici le lien vers des émissions RCF qui sont diffusées cette semaine, elles nous parlent de combat et de victoire :

Voici le lien pour écouter la série dans son intégralité

https://rcf.fr/spiritualite/vaincre-les-tentations-avec-jesus

A partager !

Chroniques Nativité 2019

Vous trouverez ci-après 4 chroniques parues dans la revue LA VIE pour préparer la fête de la Nativité, Bonne méditation et joyeuse fête de la Nativité :

Chronique 1 pour les Essentiels 13112019
Chronique 2 le 20 11 2019
Chronique 3 112019
Chronique 4e

RCF / 5 EMISSIONS SUR LES TENTATIONS DU CHRIST AU DESERT

Pour votre méditation, voici le lien vers des émissions RCF qui sont diffusées cette semaine, elles nous parlent de combat et de victoire :

Voici le lien pour écouter la série dans son intégralité

https://rcf.fr/spiritualite/vaincre-les-tentations-avec-jesus

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Recension du père Christophe Levallois sur orthodoxie.com

Livre: « Éros et liberté – Clés pour une mutation spirituelle » par le P. Philippe Dautais (Nouvelle Cité) Philippe Dautais, Éros et liberté – Clés pour une mutation spirituelle, Nouvelle Cité, 2016. Après Le chemin de l’homme selon la Bible (Desclée de Brouwer,...

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